Maschinentanz

Forum suisse traitant de la musique, l'art, la religion, la politique, et tout le reste.
 
AccueilFAQRechercherS'enregistrerMembresGroupesConnexion

Partagez | 
 

 Adolescence

Aller en bas 
AuteurMessage
Perceptron

avatar

Nombre de messages : 448
Localisation : Lausanne / Valais
Date d'inscription : 03/02/2007

MessageSujet: Adolescence   Ven 29 Juin - 10:50

Suite aux remarques propos et autres piques inhérentes à l'adolescence m'est venue une envie pressante d'ouvrir un topic plus sérieux à ce sujet.

Quel regard portez-vous sur l'adolescence en général?
Un regard distant ou plutôt assez proche?
Quel opinion sur les modes, comportements et cultures adolescentes?
Manifestations immatures et irrationnelles, ou simple façon de vivre cette période de transition, de recréer des rites de passages?

Voire: comment avez-vous vécu votre adolescence?

Adule-essence? Ou Adol'-et-sens?

Spoiler:
 

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Shilguia
Admin
avatar

Nombre de messages : 268
Localisation : Le chalet qui domine la montagne qui domine la forêt
Date d'inscription : 02/02/2007

MessageSujet: Re: Adolescence   Ven 29 Juin - 22:36

Arf l'adolescence... La période la plus importante de la vie à mon sens.

On pourrait la définir comme un succession de différentes périodes.
Voici celles que je constate (en suivant tes jeu de mots!):

Adol-enfance, ou la pré-adolescence, qui correspondrait à la sortie des classes primaires. L'enfant commence à se détacher de ses parents, pour aller vers d'autres repères, les pairs, ou plutôt les ainés, les professeurs... Il n'a toujours pas une idée bien réelle de se qu'il voudra faire "plus tard", juste des propositions fantaisistes.

Adolescence à proprement parlé. L'âge dit gras, le corps qui change de façon apparente...La période la plus dure pour les enfants atteints de maladies chroniques. L'ado revendique ces libertés, ces "droits", se distancient de ces parents et s'identifient à un groupe, une mode, à laquelle est apparenté un style vestimentaire visible, une musique, un comportement. Ce serait un peu ça seconde famille, mais une famille moins contraignante et où il se sentirait plus comme un "adulte".
C'est typiquement là qu'a lieu la crise d'adolescence. L'ado se distentie de sa famille mais ce n'est pas si simple: il peut y avoir de la culpabilité, des affrontements entre parents et enfant, un détachement trop grand, et, ne l'oublions pas, une détresse significative des parents qui ne veulent pas voir leur chéri partir...

La crise d'adolescence est un passage obligée, mais peut mieux se passer pour certains que pour d'autres.
Elle peut conduire à un hyperinvestissement scolaire, ou une déconnection totale qui aura des conséquence plus tard (arrêt des études, etc.)
Une adolescence manquée est grave car elle empâche l'enfant de devenir, en quelque sorte, indépendant.

C'est la période où l'avenir apparait de plus en plus clair, la fin de la période fantaisiste, et le début de la période d'essai (s'intéresse à différents sujets...).

Pour les enfants malades, c'est une période importante et très difficile, car d'une part les parents, qui souvent surprotègent l'enfant, le dirigent dans le traitement, continuent le faire, et empêchent le passage à l'âge adulte.
D'autre part, l'ado malade a souvent des signes extérieurs de retard dans la puberté. Et puis, c'est à cette période que naissent les questions liées à la sexualité et à la reproduction. Donc risque de dépression, et tout ce qui s'en suit.
C'est un labyrinthe dans lequel tout le monde s'engouffre, mais donc certains trouvent rapidement la sortie, et d'autres se perdent... Heureusement, beaucoup de systèmes d'aide sont mis en place pour ces derniers.

Adulescence: la fin de l'adolescence, qui correspond à peu près à l'entrée à l'université ou au monde concret du travail. Le jeune adulte est maintenant considéré comme une personne complétement indépendante (ne n'entend pas par là indépendance financière...), qui prend sa vie en main, sait ce qu'il fera de sa vie, prend une part active à la vie sociétaire...
Il est en général plus distant des groupes auquels les jeunes s'identifient, car il a trouvé le chemin de sa propre personnalité.

Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Perceptron

avatar

Nombre de messages : 448
Localisation : Lausanne / Valais
Date d'inscription : 03/02/2007

MessageSujet: Re: Adolescence   Sam 30 Juin - 2:56

Intéressant tout ce que tu dis.

C'est une vision bien précise de comment l'adolescence se déroule.

Quelques remarques:

Citation :
La crise d'adolescence est un passage obligée, mais peut mieux se passer pour certains que pour d'autres.

D'après ce que je sais, c'est un passage pas réellement obligé. La notion d'adolescence comme crise a été très popularisée par la psychanalyse, notamment Anna Freud. Selon cette dernière, l'adolescence serait forcément un moment de crise, de tourment etc. L'adolescence serait caractérisée par des troubles dépressifs et cela serait normal: le fait qu'il n'y en ait pas serait anormal et signe d'un retard développemental. Stanley Hall a aussi évoqué la notion de crise normative (mais théorie biologique). Erik Eriksson a mis l'accent, comme tu le fais, sur la notion d'identité à l'adolescence: à l'adolescence, on se construirait son identité, particulièrement par le contact avec les pairs (=les gens du même âge), au sein de groupes. L'auteur insère, cependant, l'idée que les stades de développement tout au long de la vie suivent une évolution influencée par et en phase avec l'environnement.
Effectivement: il faut introduire la notion d'environnement, de milieu dans lequel se déroule l'adolescence.
D'ailleurs, les anthropologues se sont aperçu que l'adolescence n'est pas vécue de la même manière selon la culture: il n'y aurait donc, pour eux, pas une seule adolescence, la même pour tous, déterminée par un programme biologique. Selon l'un d'eux, il y aurait notamment 3 facteurs importants qui feraient de la société occidentale un milieu propice à l'expression d'une adolescence telle que nous la connaissons, avec des problèmes, avec une "crise": 1/ les jeunes passent d'une absence de responsabilité à de la responsabilité; 2/ ils passent de la soumission à la domination; 3/ ils passent de l'interdit à la sexualité à son accès.
Des facteurs autres que culturels tels que la démographie, la situation économique ou la globalisation influencent la façon dont est vécue l'adolescence, et donc, s'il y a "crise" ou pas.
Ainsi, l'adolescence apparaîtrait pour beaucoup comme un phénomène culturel. Evidemment, certains facteurs liés à la croissance y contribuent, mais l'environnement module leurs effets selon les cultures.

La crise d'adolescence est bien réelle, mais c'est un terme galvaudé, mal défini. Quand on dit de quelqu'un qu'il/elle fait sa crise d'adolescence, il faut prendre cela surtout comme un concept scientifique, théorique à l'origine, qui passée dans le langage commun en vient à dire n'importe quoi, à se vider de son sens originel.

Citation :
C'est la période où l'avenir apparait de plus en plus clair, la fin de la période fantaisiste, et le début de la période d'essai (s'intéresse à différents sujets...).

Exact, Erikson (entre autres) en parle: c'est un âge où on va tester des rôles (et des statuts) sociaux, ce qui va nous permettre de nous préparer à la vie d'adulte.
Mais bon... le terme de "fantaisiste" est... un peu fantaisiste! Laughing

Citation :
Le jeune adulte est maintenant considéré comme une personne complétement indépendante (ne n'entend pas par là indépendance financière...),

Intéressant. Observez que "rester financièrement dépendant" suppose d'autres dépendances, d'autres loyautés et règles à respecter envers les pourvoyeurs de moyens de subsistance.
Quelque part, la définition sociale de l'adolescence voudrait que l'on soit adulte lorsque l'on n'est plus du tout dépendant financièrement de ses parents, que l'on ne cohabite plus chez eux etc.
Dès lors, on peut se dire que l'allongement des études contribue à l'allongement de l'adolescence "sociale".
De ce point de vue là, il me semble qu'il y en a quelques unEs qui en ont encore pour quelques années d'adolescence, ici, non?

Mais, a priori, je n'adhère pas à cette vision: c'est comme s'il y avait un saut qualitatif entre adolescence et âge adulte... Or, je pense qu'il y a là surtout la bonne opinion que les adultes veulent avoir de leur catégorie, forcément la meilleure à leur yeux (notez que je ne m'y place pas eheh).
(le mâle adulte européen mentalement sain juge autrement la femme adolescente non-occidentale mentalement malade)

Citation :
qui prend sa vie en main,

N'est-ce pas surtout le système social qui se charge de nous mettre sur les rails d'une voie que l'on peut plus ou moins choisir?

Citation :
prend une part active à la vie sociétaire...

Mmmh. Pour être adulte, a-t-on nécessairement besoin de prendre part à autre chose qu'au travail? Rien ne nous y oblige. Dire d'un misanthrope, antisocial et solitaire qu'il n'est pas adulte serait, à mon sens, inexact (au delà de toute question morale).
Quant à assimiler anormalité, immaturité, fait de ne pas être adulte à pathologie, je n'en parle même pas...

Citation :
Il est en général plus distant des groupes auquels les jeunes s'identifient, car il a trouvé le chemin de sa propre personnalité.

Là, je suis bien perplexe: il n'est pas rare de voire des trentenaires dans des concerts de metal fréquentés par des jeunes deux fois moins âgés qu'eux...
L'inverse est aussi possible ailleurs. Il y a certains ados (et enfants!) qui se sentent plus à l'aise et plus intéressé par le monde des adultes que par celui de leurs pairs.
Ensuite, trouver le chemin de sa propre personnalité: je crois que c'est illusoire. Comme si tous les adultes trouvaient tout d'un coup leur identité. L'identité, de ce que j'en sais, change toute la vie, quand bien même l'adolescence est une phase majeure de la construction identitaire. Les exemples n'ont d'ailleurs pas à être cherchés si loin.
C'est pour cela que je ne pense pas que l'incertitude, le questionnement, et le changement identitaire à des âges autres que l'adolescence ne soient pas normaux. Cela fait partie de la vie et est inhérent à l'environnement social outre la psychologie de l'individu.
Donc, l'âge n'est pas LE déterminant unique et définitif de la maturité.
Je suis persuadé et souvent déçu de voir l'immaturité de pas mal d'adultes déguisées en des comportements d'"adulte".
Spoiler:
 
De la même façon, la maturité de certains ados laissent songeur: s'ils restent comme ils sont dans certains domaines, ils feront mieux que leurs aînés...
Malgré des problèmes bien réels, on a une vision dominante exagérément négative de l'adolescence.
Pourquoi? Eh bien, surtout parce que ceux qui peuvent prétendre à une vision, une opinion sur le sujet sont forcément des adultes! Philosophes, journalistes, religieux, politiciens ou psychologues.
Justement: l'adolescent n'a pas grand crédit: n'ayant pas de formation achevée ou d'expérience, ses propos sont jugés comme non pertinents.

Evidemment, je ne cherche pas à absoudre l'adolescence: "elle aime parfois bien l'essence au détriment du sens"... Mais, n'est-ce pas, surtout, parce qu'elle se construit, en se reflètant dans le "modèle" que sont (sensé constituer) les adultes?

Ce qui me tue, c'est la prétention de certains jeunes "adultes" qui ont oubliés très (trop?) vite qu'ils étaient des adolescents il n'y a encore pas si longtemps; la suffisance de certains quinquagénaires, leur fermeture d'esprit à l'égard du fait "adolescence", leur condamnation et leur critique infondées me sont insupportables, en plus de cette glorification de l'expérience qu'ils étalent à tout va (mécanisme défensif?).
Avec des "modèles" qui vous jugent en ne vous connaissant pas, que donne-t-on comme example?
L'adolescence est un peu le miroir de notre société, les problèmes que rencontrent les adolescents sont en fait des problèmes de sociétés, même s'ils sont plus fréquents chez les ados.

Lié à cela, il ne faut pas oublier les effets de cohorte (=génération): un gars qui a écouté du hard rock toute sa jeunesse ne va pas forcément aimer le metal: chacun a grandi dans une certaine "culture" propre à une certaine génération et, bien souvent, ne veut plus en changer, reste attaché à cette "culture", voire juge les autres culture. Ainsi, la personne en question n'irait peut-être pas voir de concerts de metal, qui intéresse plutôt la génération pus jeune (mais qui ne va pas tarder à vieillir, elle aussi).
Donc, on ne peut pas vraiment préjuger de ce qu'il va advenir de adolescents des générations actuelles: vont-ils culturellement rester attachés à leur adolescence, aux éléments de leur génération, ou bien vont-ils rejoindre des goûts "universels", catégorisés comme "adultes", du type musique classique, par exemple, pour continuer de parler musique? Mais là, on va un peu plus loin: il peut aussi y avoir une appropriation d'une ressource symbolique d'une classe favorisée par exemple (ou habitus etc.).


Autre remarque:
L'anthropologie (M. Mead) parle de changements importants qui auraient lieu dans notre société et qui ne seraient pas sans effet sur l'adolescence, tout en étant lié aux aspects culturels précédemment évoqués.
Nous serions passés d'une société postfiguratives (=où la référence sont les ascendants: parents, personnes plus âgées: ils transmettent les normes, les traditions, les représentation), à une société cofigurative (=ce même rôle de transmission culturelle est assumé par les pairs: des gens de même génération), et nous serious, sous certains aspects, une société préfigurative (=ce rôle n'est plus assumé par qui que ce soit ou par tout le monde: chacun devrait un peu se débrouiller pour trouver ces propres valeurs, acquérir ou créer sa propre culture).
Pour ceux à qui ça intéresse: cf. M. Mead : Ethnologie ethnographie anthropologie point 2
J'en parle car cette détermination de la référence me semble très important en matière de relation intergénérationnelle, culturelle, et de formation identitaire, en définitive (partant du principe que l'environnement culturel l'influence).
D'autre part, cela met en lumière différement un post précédent sur l'éducation.

---

Si on assimile la recherche d'identité au "Connais-toi toi-même" socratique, eh bien, il me semble que cette quête n'a pas de fin...
D'où, je me demande si la "maturité", l'âge adulte n'est pas une tentative de fixation dans une identité qui nous convient plus ou moins, mais qui n'est pas notre identité véritable, inconnue et inconnaissable à 100%, et surtout: fluctuante. ne serait-ce pas une tentative aussi vaine que rassurante de stabiliser quelque chose qui ne le sera jamais complètement?
Même si pas mal d'ados m'insupportent (cf. natel sono), il me semble que l'adolescence ne peut pas être réduite à un état larvaire irrationnel et immature. L'enlisement forcé et dogmatique de certains adultes dans une certaine identité me semble tout aussi immature à quelque part, mais dans un autre sens, en ce qu'il entretient l'illusion de la stabilité identitaire et est une sorte de déni du changement inhérent à (presque) tout environnement (surtout au notre actuellement).
J'espère, d'une certaine manière, rester adolescent pour certaines choses toute ma vie. Son lot de subversion, de vitalité, de créativité, d'instabilité aussi difficile que féconde me semble tout à fait fondamental à la société.
Jeunisme? Je ne pense pas: je ne dénie pas sa valeur à la tradition, mais elle n'est pas grand chose sans l'innovation, la création.

Bref... Cela part un peu dans tous les sens, veuillez m'en excuser...
Excusez la longueur 'dissuasive', mais personne ne vous force à me lire.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Shilguia
Admin
avatar

Nombre de messages : 268
Localisation : Le chalet qui domine la montagne qui domine la forêt
Date d'inscription : 02/02/2007

MessageSujet: Re: Adolescence   Sam 30 Juin - 9:24

Je suis d'accord, et je précise que ma théorie, comme toute les autres d'ailleurs, n'a rien d'universelle. Chacun étant différent, on peu trouver, comme tu l'as dit, des contres-exemples pour tout.

Pour le gars de 30 balais:
Oui, mais ce n'est pas pareil. Je ne sais pas comment l'expliquer, mais tu sait bien qu'un trantenaire à une soirée de ce genre ne sera pas considéré comme le gosse de 13 ans qui vient avec son maquillage pingoin et ces pics... L'un sera considéré comme un adulte venant ici pour écouter une musique qu'il aime, et l'autre comme un ado qui vient se montrer.
Enfin c'est comme ça que je vois les choses, après, c'est sur, on peut dire que l'adulte n'est pas mature, que l'ado viendra toute sa vie à des concerts, etc...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
9-46

avatar

Nombre de messages : 254
Date d'inscription : 20/05/2007

MessageSujet: Re: Adolescence   Mar 3 Juil - 12:46

Bon vu que la theorie sur ce qu'est l'adolescence est plutot bien fourni, je vais tenter d'apporter un autre regard.

Le monde de l'adolescence est percu comme quelquechose de negatif par la plupart des adultes car c'est a ce moment que la jeune generation est un enclin a faire le plus de "conneries". Cependant il ne devrait pas etre considere comme negatif car l'adolescence pour certains c'est:
Citation :

1/ les jeunes passent d'une absence de responsabilité à de la responsabilité;
2/ ils passent de la soumission à la domination;
3/ ils passent de l'interdit à la sexualité à son accès.
Pour la 2 je suis d'accord, mais pas vraiment pour la 1 car je pense que l'adolescent veut avoir des responsabilites mais qu'il ne saisit pas vraiment ce que c'est, car sinon il ne ferait jamais de trucs cons. Pour la 3 je trouve que le concept est un peu reducteur, a mon avis je pense que c'est plutot l'envie de decouvrir des experiences nouvelles, jusque la inaccessibles pour diverses raisons, comme le sexe, la culture, l'alcool, dont la transgression est un passage obligatoire pour pouvoir se forger ses propres limites.

Je crois que c'est les Amish que les adolescents se voient laisser pendant un an a faire toutes les experiences qu'ils veulent (en gros ils bravent vaillament tout les interdits de leur education). Peut etre qu'il serait interessant d'etudier les effets de ce genre d'experience.



PS pour Perceptron : ce que tu dis est tres interessant et j'ai beaucoup de plaisir a te lire study , cepandant, ence qui me concerne, tu developpes trop d'idees en un post et du coup ca tue un peu la discussion car c'est plus difficile d'amener une idee qui n'a pas deja etait developpees scratch , ne serait-ce que partiellement.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Perceptron

avatar

Nombre de messages : 448
Localisation : Lausanne / Valais
Date d'inscription : 03/02/2007

MessageSujet: Re: Adolescence   Mar 3 Juil - 15:20

Citation :
PS pour Perceptron : ce que tu dis est tres interessant et j'ai beaucoup de plaisir a te lire study , cepandant, ence qui me concerne, tu developpes trop d'idees en un post et du coup ca tue un peu la discussion car c'est plus difficile d'amener une idee qui n'a pas deja etait developpees scratch , ne serait-ce que partiellement.

Ouais... C'était chaotique cette fois... J'admets...

Citation :
Je crois que c'est les Amish que les adolescents se voient laisser pendant un an a faire toutes les experiences qu'ils veulent (en gros ils bravent vaillament tout les interdits de leur education). Peut etre qu'il serait interessant d'etudier les effets de ce genre d'experience.

Ahaha! Je savais pas ça... J'espère qu'ils distribuent des capotes, des seringues et cachent les chèvres. MDR

Citation :
Pour la 2 je suis d'accord, mais pas vraiment pour la 1 car je pense que l'adolescent veut avoir des responsabilites mais qu'il ne saisit pas vraiment ce que c'est, car sinon il ne ferait jamais de trucs cons. Pour la 3 je trouve que le concept est un peu reducteur, a mon avis je pense que c'est plutot l'envie de decouvrir des experiences nouvelles, jusque la inaccessibles pour diverses raisons, comme le sexe, la culture, l'alcool, dont la transgression est un passage obligatoire pour pouvoir se forger ses propres limites.

Oui, c'est réducteur. Mais, je n'ai surement pas assez (bien) présenté le contexte de ces 3 points: il ne s'agit aps de définir comment est la société européenne, mais comment elle est relativement à des sociétés non-européennes. Donc, on devrait dire que ces 3 points sont plutôt valables pour l'occident, alors qu'ils ne le sont pas pour les peuples non-occidentaux, traditionnels, "primitifs".
Mais, rien qu'en Inde, qui est assez occidentalisée, l'adolescence n'est pas vécue de la même façon: par exemple même si les ados sont pas mal influencés par la culture occidentales (musique, habillement, intérêts etc.), ils ne vont pas forcément entrer en crise, en révolte contre leurs parents l'autorité etc., comme c'est souvent (présenté comme) le cas en occident: les jeunes indiens (de ce qu'on nous en a expliqué) se rapprocheraient de leurs parents à l'adolescence.

Donc, outre ces facteurs culturels, très différents selon les contextes, il y a aussi les facteurs plus individuels.
Personnellement, je ne vois pas de passage tranché dans aucun des 3 points: c'était plutôt une continuité.
Mais, si on s'en tient à notre culture, et aux normes sociales, alors les choses sont censées être plus tranchées, avec des passages, des interdits etc.
Ex. on a la responsabilité civique dès notre majorité, d'un coup. Cela ne tient bien évidemment pas compte de la maturité...
Ex. La sexualité: on pourrait dire qu'elle existe sous différentes formes, d'où la question de savoir quand elle commence dépend de ce que l'on entend par sexualité.

Citation :
Pour la 3 je trouve que le concept est un peu reducteur, a mon avis je pense que c'est plutot l'envie de decouvrir des experiences nouvelles, jusque la inaccessibles pour diverses raisons, comme le sexe, la culture, l'alcool, dont la transgression est un passage obligatoire pour pouvoir se forger ses propres limites.

Je ne pense pas que ce soit obligatoire. Imagine que tout le monde doive voler, violer tuer pour se forger ses propres normes: ce serait pas triste! Là je comprendrais mieux une politique sécuritaire...
Mais, le fait est que la socialisation, les normes et le conformisme vont prévenir que l'on ne fasse bon nombres de délits graves.
Si on revient au sujet, tu dis l'alcool: personne n'est obligé de boire pour se dire qu'il ne boira pas, personne n'est obligé de fumer pour se dire qu'il ne fumera pas. Par contre, la plupart des gens essaient, je pense.
Le fait est que l'on peut accepter certaines normes, valeurs etc. sans avoir fait l'expérience de leur transgression (cf. identité forclose etc. dans le topic sur "est-il plus facile de croire ou pas" ou qqch comme ça).
Il y a des gens qui vont plutôt explorer et d'autres qui sont plus prudents... cela semble trivial, mais il me semble que cela se vérifie.


Sur les ados en Suisse: Etude Smash 2002

Spoiler:
 

Spoiler:
 

Les "méchants jeunes" sont assez le reflets de leurs géniteurs je trouve...

http://www.umsa.ch/smash_resume_fr.pdf

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
9-46

avatar

Nombre de messages : 254
Date d'inscription : 20/05/2007

MessageSujet: Re: Adolescence   Mar 3 Juil - 15:36

Citation :

Citation:
Pour la 3 je trouve que le concept est un peu reducteur, a mon avis je pense que c'est plutot l'envie de decouvrir des experiences nouvelles, jusque la inaccessibles pour diverses raisons, comme le sexe, la culture, l'alcool, dont la transgression est un passage obligatoire pour pouvoir se forger ses propres limites.


Je ne pense pas que ce soit obligatoire. Imagine que tout le monde doive voler, violer tuer pour se forger ses propres normes: ce serait pas triste! Là je comprendrais mieux une politique sécuritaire...
Effectivement dit comme ca mon propos est un peu couillon!
Citation :

Mais, le fait est que la socialisation, les normes et le conformisme vont prévenir que l'on ne fasse bon nombres de délits graves.
C'est tres interessant ce que tu dis la car a mon avis c'est a l'adolescence que l'on se forge ces propres limites d'ou les experiences plus ou moins interdites. L'education a un role tres important car c'est elle qui va mettre en place chez le futur adolescent la notion du point de non retour dans ses futurs actes. L'adolescent arrive deja avec quelques limites, celle qui paraisse les plus grave : meurtre, viol... Mais a mon avis celle qu'ils considerent comme moins grave il va tenter de les decouvrir meme si il c'est que ce n'est aps bien (alcool, vitesse...) car pour lui ca ne sera pas un point de non retour, d'ou mon idee de trangression obligatoire.
Mais il est vrai que je n'avais pas envisage une autre adolescence que celle que nous connaissons dans nos pays respectifs.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Perceptron

avatar

Nombre de messages : 448
Localisation : Lausanne / Valais
Date d'inscription : 03/02/2007

MessageSujet: Re: Adolescence   Mar 3 Juil - 19:43

Citation :
L'adolescent arrive deja avec quelques limites, celle qui paraisse les plus grave : meurtre, viol... Mais a mon avis celle qu'ils considerent comme moins grave il va tenter de les decouvrir meme si il c'est que ce n'est aps bien (alcool, vitesse...) car pour lui ca ne sera pas un point de non retour, d'ou mon idee de trangression obligatoire.

Oui... J'avais pas vu les choses comme cela. C'est assez juste en somme.
Tu penses que l'on arrive pas exempt de normes à l'adolescence et tu as bien raison: c'est très tôt qu'on les apprend. Et avant de les apprendre, on a surtout appris à obéir: c'est ce premier foutu plugin...
Et c'est vrai, comme tu le dis, qu'on nous fait acquérir très tôt des valeurs de bases telles que ne pas tuer, ne pas violer, ne pas voler etc.
Cela ne suffit cependant pas à éliminer la criminalité (adolescente ou adulte).
On n'apprend que plus tard certaines autres règles sociales... Parfois même très tard des conventions sociales, et autres codes sociaux (très cons parfois, m'enfin).

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
9-46

avatar

Nombre de messages : 254
Date d'inscription : 20/05/2007

MessageSujet: Re: Adolescence   Mer 4 Juil - 11:44

Citation :

Et c'est vrai, comme tu le dis, qu'on nous fait acquérir très tôt des valeurs de bases telles que ne pas tuer, ne pas violer, ne pas voler etc.
Cela ne suffit cependant pas à éliminer la criminalité (adolescente ou adulte).
Au sujet de la criminalite il est interessant de noter que les criminels viennent souvent des milieux defavorises. Cependant mettre tout sur le dos de l'education (parental et scolaire) serait bien trop facile, mais je pense qu'elle a quand meme un role primordial. Peut etre que a l'adolecence il trouve en la criminalite un moyen de se donner des responsabilites vis a vis de certaines personnes douteuses, et donc par la meme occasion se donner de l'importance. Finalement ils font comme tout le monde : ils essayent de gravir la pyramide des besoins de Maslow
Citation :

On n'apprend que plus tard certaines autres règles sociales... Parfois même très tard des conventions sociales, et autres codes sociaux (très cons parfois, m'enfin).
Je suis curieux de savoir quels sont les codes sociaux que tu trouves "tres cons parfois".
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Perceptron

avatar

Nombre de messages : 448
Localisation : Lausanne / Valais
Date d'inscription : 03/02/2007

MessageSujet: Re: Adolescence   Mer 4 Juil - 19:17

Pas mal la référence à la pyramide! Je n'y aurais pas pensé.

Citation :
Je suis curieux de savoir quels sont les codes sociaux que tu trouves "tres cons parfois".

Les codes sociaux liés à la salutation, qui sont très enraciné.
C'est culturel, souvent non verbal et parfois ambigus.
Les codes sociaux liés à la séduction qui sont aussi ambigus, non verbaux...
J'essaie d'y être sensible, je pense pas mal les comprendre (des fois je me surprends en bien...), mais je déteste les valider, les utiliser. Je préfère le canal verbal. J'aime pas ces petits jeux de regards et d'intrigues. Cela fait l'économie du verbal pour sauver la face au détriment total de la clarté de la relation, de la compréhension...
C'est comme cela que je vois les choses. Bref.


Ces codes, c'est tout ce que l'on fait parce qu'on a toujours fait comme ça sans s'en rendre compte sans remettre en question, d'une façon mécanique mais avec toujours la même pression à DEVOIR le faire pour telle ou telle raison bidon.
C'est parfois pratique, mais c'est souvent pesant.
Donc, attention: je ne rejette pas à 100%, mais en général, ça me gonfle.

Il me semble que c'est assez exacerbé chez les adolescents, tout en étant pas du tout absent chez les adultes, mais présent sous des formes souvent plus subtiles/insidieuses.

Spoiler:
 

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
9-46

avatar

Nombre de messages : 254
Date d'inscription : 20/05/2007

MessageSujet: Re: Adolescence   Mer 4 Juil - 19:43

Citation :
Il me semble que c'est assez exacerbé chez les adolescents, tout en étant pas du tout absent chez les adultes, mais présent sous des formes souvent plus subtiles/insidieuses.
Tout a fait d'accord avec la premiere partie, en revanche pour la deuxieume (adultes) fait tu references a l'hypocrisie latente et le discours entre les lignes?

Toujours est il que pour les codes je n'en ai pas exactement la meme vision que toi. Si j'ai bien compris tu les consideres comme un moyen de communication utilise pour ne pas dire clairement ce que l'on a envie de dire. Effectivement je pense que la plupart des personnes l'utilisent de cette maniere, ce qui le devalorise car je considere qu'un code, comme le regard par exemple, peut supplanter ce que tu appelles le "canal verbal", car il est beaucoup plus expressif que n'importe quel mot. Cependant nous n'utilisons tres peu un langage autre que la parole pour communiquer, ce qui explique peut etre les difficultes a le comprendre.
Pour donner un exemple de ce que j'avance, je prends appuie sur la relation entre l'homme et le chien. Les chiens savent communiquer avec nous sans parler, certes leurs demandes sont assez limitees, mais n'est-ce pas une preuve que ce que j'avance est plausible?


edit : damned! j'avais pas vu le spoiler Mad
Du coup je crois qu'il faudrait se mettre a definir quels types de code existent. De but en blanc je pense qu'il existe deux categories: code passif, code actif.
Passif: ce que l'on fait pour assoir son statu sans qu'il y ai une personne visee en particulier.
Actif: ce que l'on fait de maniere deliberee pendant un contact.

Bref je ne suis pas tres clair, ca fait 9 heures que je suis au taf et je n'est mange que trois snickers depuis que je me suis leve... Bon j'arrete et je vais manger.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Djihad

avatar

Nombre de messages : 354
Localisation : La montagne qui domine la forêt...
Date d'inscription : 03/02/2007

MessageSujet: Re: Adolescence   Ven 6 Juil - 13:17

Pfff prendre le train en marche après une certaine absence dûe à une semaine très chargée c'est pas évident, y a une montagne à avaler.. Enfin quand même une ou deux reflexions:

Perceptron, ce qui m'agace un peu dans ton propos c'est que tu sous estimes continuellement l'impulsion créatrice dûe au soi-même: dans tout ce que tu dis, il y a une constante, c'est que nous nous façonnons uniquement par le monde extérieur, c'est lui qui nous forme et nous n'avons rien à dire... Il n'y a aucune notion de choix... A mon avis c'est un peu simpliste, on ne peut pas surestimer l'aspect réactif et sous estimer le pro actif...

Ensuite je note une contradiction flagrante: si on suit Margareth Mead alors la conclusion de l'étude que tu cites n'est pas crédible pour un sous! le raisonnement serait valable pour une société où ce sont les générations précédentes qui sont responsables de la transmission des valeurs mais non pas les pairs... A moins bien sur d'estimer que nous sommes dans la phase charnière entre les deux auquel cas cette responsabilité doit être partagée....

Pour le reste, langue au chat, y a trop à avaler d'un coup...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Perceptron

avatar

Nombre de messages : 448
Localisation : Lausanne / Valais
Date d'inscription : 03/02/2007

MessageSujet: Re: Adolescence   Ven 6 Juil - 14:59

Citation :
Perceptron, ce qui m'agace un peu dans ton propos c'est que tu sous estimes continuellement l'impulsion créatrice dûe au soi-même: dans tout ce que tu dis, il y a une constante, c'est que nous nous façonnons uniquement par le monde extérieur, c'est lui qui nous forme et nous n'avons rien à dire... Il n'y a aucune notion de choix... A mon avis c'est un peu simpliste, on ne peut pas surestimer l'aspect réactif et sous estimer le pro actif...

Alors pas du tout... J'ai mis l'accent sur l'influence de l'environnement, c'est vrai.
On a déjà causé de l'identité, de sa formation, et dans d'autres topics de la pression au conformisme, de Asch, de Milgram (soumission à l'autorité).
Tout cela c'est de l'influence sociale.

Maintenant, est-ce que mettre l'accent sur ces facteurs sociaux veut-il dire forcément qu'on dénie toute influence à des facteurs personnels, biologiques, psychologiques ou autres?
Pas du tout!
Ne pas mentionner ne signifie pas nier!

Simplement, mon propos est d'essayer de montrer, aussi désagréable que cela puisse paraître, que nous ne sommes pas autant libres que nous le croyons.
Pourquoi? Eh bien c'est censé permettre une meilleure conscience des limites de sa liberté et ce afin de repousser ces limites.
C'est peut-être un esprit critique un peu masoschiste, mais il me faut voir et faire voir ces points d'ombre.
A titre personnel, bien évidemment, la mesure de toute chose c'est l'individu et non la société. Le premier est la fin et le second un moyen ou une contrainte.
Attention la remarque précédente est purement subjective et "prescriptive" non descriptive.

Après, il faudrait premièrement que tu cites les endroits (s'il y en a) où j'aurai dénié tout apport individuel.
Deuxièmement, tu fais intervenir des éléments nouveaux tels que "l'impulsion créatrice due au soi-même": il faudrait que tu expliques ce que tu entends par là et quel est précisément le rapport avec le sujet.
Troisièmement, je le répète mais d'une autre façon: il n'y a pas lieu de faire soit du psychologisme, soit du sociologisme: on peut prendre l'une ou l'autre des grilles, de toute façon c'est limité, il me semble que c'est clair. Je conçois donc qu'il y a une transaction entre individu (et ses caractéristiques psychologiques biologiques) et son environnement (social, culturel etc.).

Citation :
c'est lui qui nous forme et nous n'avons rien à dire...

Curieusement cela s'accorde aussi bien avec une pensée religieuse ou fonctionnaliste (si lui = tradition, norme, système social)...

Citation :
Ensuite je note une contradiction flagrante: si on suit Margareth Mead alors la conclusion de l'étude que tu cites n'est pas crédible pour un sous! le raisonnement serait valable pour une société où ce sont les générations précédentes qui sont responsables de la transmission des valeurs mais non pas les pairs... A moins bien sur d'estimer que nous sommes dans la phase charnière entre les deux auquel cas cette responsabilité doit être partagée....

Bon, j'ai envoyé beaucoup d'éléments disparates sans essayer de vraiment lier tout cela en un tout cohérent: c'est chaotique, je l'admets.

Je ne suis pas sûr de comrpendre ce que tu veux dire.
Il faut que tu précises ce qui est, selon toi, contradictoire.
Après, il faut dire que Mead n'aura pas le même point de vue que des psychologues, étant anthropologue...
Le but n'est pas de choisir soit une direction psychologique, donnant de la valeur à des facteurs individuels, soit une direction donnant de la valeurs à des facteurs sociaux/culturels. Il vaut mieux essayer d'intégrer les deux. Entre les partisans, de la nurture (culturel, social) et de la nature (biologisant, individuel), il y a un juste milieu non contradictoire à trouver.
On ne peut pas le trouver si on prend chacune des théories stricto sensu.

---

Pour revenir au sujet, je pense que les ados sont un peu tous conscients dans une certaine mesure de leur évolution, de la constitution de leur identité par exemple.
Mais, comme toujours, dans le feu de l'action (à quelque âge que ce soit), on manque de recul pour juger, ou inversément, on est justement mieux placé pour juger.
Donc, l'adulte ne peut pas tellement avoir un point de vue objectif sur son adolescence. Pas plus que l'adolescent.
Chaque point de vue a ses avantages et ses inconvénients. Le point de vue de l'adulte c'est le point de vue de qqn qui a grandit, a un travail, une famille, des responsabilités, juge avec distance et peut-être mépris ce qu'il a fait étant ado. Il y a de fortes chances qu'il soutienne la voie dans laquelle il s'est engagée: relativement conforme à la société. Il aura tendance à justifier son propre parcours et à concevoir celui des autres sur ce modèle! Il n'aimera pas trop non plus ces propres errances et déviances mais: a posteriori.
Le point de vue de l'ado c'est celui de qqn qui se trouve dans une certaine situation qui va certaines choses pour certaines raisons. Il ne connaît bien évidemment pas les conséquences de ce qu'il va faire. Il n'est pas forcément conforme aux attentes sociales. Il doit s'adapter à un monde des "adultes" qui n'est pas toujours juste ni toujours en sa faveur: en cas de conflit, soit il plie, soit il innove, trouve une autre façon de faire, qui ne respecte pas forcément les normes. C'est plutôt l'adolescent qui est innovant, socialement.
Mais, c'est encore ici une cause sociale.

D'où quels sont les facteurs individuels suscpetibles de causer de l'innovation (sociale, par rapport aux normes etc.)?
Les données biologiques (tempérament, variables dispositionelles), la volonté, le libre arbitre de la personne, la façon dont elle va intégrer les expériences, son vécu, ses attentes, ses peurs, ses fantasmes, ses représentations (ou habitus) etc.
Mais dans quelle mesure certains des facteurs précités ne sont-ils pas influencés par le social?

Finalement, il ne nous reste pas grand chose d'individuel je trouve... de plus, cela me semble pouvoir souvent se rattacher au biologique. Conscience, volonté, libre arbitre, raison (~théories du choix rationnel etc.) tempérament... dont on ne peut expurger toute influence du social de toute façon.
Donc, mieux vaut connaître le poids du social pour permettre plus de liberté à l'individuel, c'est un peu ça mon idée.
Après, je n'ai pas à maquiller la réalité pour qu'elle se conforme à mes idéaux plutôt individualistes. Que les choses m'agaçent ou pas, ce n'est pas cela qui va me faire m'interroger plus ou moins sur leur hypothétique valeur de vérité.

Par ailleurs, la critique mertonnienne du fonctionnalisme et son explication de l'innovation vaut le détour.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Djihad

avatar

Nombre de messages : 354
Localisation : La montagne qui domine la forêt...
Date d'inscription : 03/02/2007

MessageSujet: Re: Adolescence   Sam 7 Juil - 13:02

Citation :
Après, il faudrait premièrement que tu cites les endroits (s'il y en a) où j'aurai dénié tout apport individuel.

Hum tu réponds toi même à la question...
Citation :
Finalement, il ne nous reste pas grand chose d'individuel je trouve... de plus, cela me semble pouvoir souvent se rattacher au biologique. Conscience, volonté, libre arbitre, raison (~théories du choix rationnel etc.) tempérament... dont on ne peut expurger toute influence du social de toute façon.
Donc, mieux vaut connaître le poids du social pour permettre plus de liberté à l'individuel, c'est un peu ça mon idée.

Bon alors dès lors qu'il ne reste plus rien de l'individuel, alors faut m'expliquer ce que tu entends par "liberté"... Parce que personnellement qqch qui est totalement conditionné de l'extérieur j'ai peine à le voir comme "liberté"...

Citation :
Curieusement cela s'accorde aussi bien avec une pensée religieuse

Je ne vois pas vraiment ce que ca vient foutre là...Et d'ailleurs je n'y crois pas...m'enfin bon c'est pas le lieu pour...

Citation :
Je ne suis pas sûr de comrpendre ce que tu veux dire.

Si nos pavés étaient en règle générale un peu moins long, il serait plus aisé de citer des choses qui interviennent plus tôt dans la discussion...Bref.. Je vois une contradiction dans le fait de parler de société cofigurative, auquel cas il n'y a plus de lien entre les différentes générations qui permet de parler de "société" et ton spoiler de conclusion sur l'étude smash parlant de problème de "société"... Quoiqu'à bieny réfléchir je me sois trompé, il y a effectivement problème de société dans le sens de la destruction du lien traditionnel d'éducation inter génération...Encore une merveilleuse conséquence de l'imbecilité progressiste outrancière qui sévit dans les milieux soi disant intellos...

Citation :
Le but n'est pas de choisir soit une direction psychologique, donnant de la valeur à des facteurs individuels, soit une direction donnant de la valeurs à des facteurs sociaux/culturels. Il vaut mieux essayer d'intégrer les deux. Entre les partisans, de la nurture (culturel, social) et de la nature (biologisant, individuel), il y a un juste milieu non contradictoire à trouver.
On ne peut pas le trouver si on prend chacune des théories stricto sensu

Là j'acquiesce. J'ajoute même que c'est de manière générale entre tous les différents courants qu'il faut trouver le juste milieu. Mais là ça devient tout simplement plus possible car trop complexe et c'est là qu'intervient le bon sens qui permet le bonds logiques nécessaires...(pardon là c'est de la pure "méthodo" ça n'a pas grand chose à voir mais ça me démangeait...)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Djihad

avatar

Nombre de messages : 354
Localisation : La montagne qui domine la forêt...
Date d'inscription : 03/02/2007

MessageSujet: Re: Adolescence   Sam 7 Juil - 14:04

Je pense pour ma part que le point de vue adolescent c'est celui non pas qui crée de l'identité, mais qui rejette la sienne propre et qui s'en cherche une de substitution...Passer à l'âge adulte c'est chercher sa propre place dans l'ordre naturel et donc de tenter de dépasser le conditionnement social... Certains y arrivent (plus ou moins bien évidemment) de manière assez rapide, d'autres mettent plus de temps, voir une vie entière, certains n'y arriveront jamais...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Perceptron

avatar

Nombre de messages : 448
Localisation : Lausanne / Valais
Date d'inscription : 03/02/2007

MessageSujet: Re: Adolescence   Sam 7 Juil - 16:30

Citation :
Je pense pour ma part que le point de vue adolescent c'est celui non pas qui crée de l'identité, mais qui rejette la sienne propre et qui s'en cherche une de substitution...

C'est peut-être le cas en occident qui est à peu près le seul à connaître une "crise d'identité" au sens où nous l'entendons.

D'autre part, ce n'est pas une généralité en occident.
Je ne vois pas pourquoi on ne peut pas rejetter/changer/retrouver uniquement certaines facettes de son identités (ex. religieuses, politiques, professionnelles, sexuelles, etc.).
Parler d'identité au sens général est sûrement trop général.

Mais, intéressant de voir que pour toi, avant l'adolescence, il y a déjà une identité. Et celle-là semble être la bonne.
Je pensais que passer à l'âge adulte n'était plus chercher mais avoir trouvé (de façon plus ou moins stable) cette identité?!
En effet, dans les deux cas, il me semble que l'identité bien que connaissant une période cruciale vers l'adolescence, n'est pas pour autant figée par après!
Cette idée d'adulte identitiairement stable est un mythe. L'identité se modifie quand on se marrie: on fait partie d'un couple qui a planifié de vivre ensemble. On devient "la femme de Y" ou "le mari de X".
Idem lorsque l'on a des enfants: le couple devient famille, l'épouse devient aussi mère, l'époux devient aussi père.
Puis, il faut encore comtper avec des changements professionnels (en moyenne ce sera de 3 à 6 fois de profession, et au pire 10 fois d'emploi...).
Et la "crise de la 40aine"? Mythe ou réalité?
Et la grand-parentalité?
Et la perte du conjoint?

J'omets bien sûr toute une série d'autres évenements de la vie qui bousculent notre identité... Ex. des choses qu'on apprend sur sa famille qu'on n'ignorait jusqu'alors.

Donc, l'ado occidental (pas tous, ok) rejette ou remet en question (au moins) l'identité qu'il a construite ou qu'on lui a inculqué jusqu'alors (surtout).
Je trouve bien que l'ado passe par une étape de remise en question. Ce n'est pas facile, mais c'est une chance de s'adapter, de construire une identité qui nous satisfait avant tout nous-même, en congruence avec son environnement, ses aspirations, ses valeurs, ses représentations etc.
Je crois plutôt que tout ce qu'on nous inculque étant petit: normes, valeurs etc. c'est du conditionnement social!
Religion, politique, valeurs, "tient ta fourchette à gauche!", et tous ces trucs. Evidemment, cela ne veut en aucun cas dire qu'il faut rejetter tout cela, ni même qu'il est nécessaire de tout remettre en question! Il faut simplement se demander ce que l'on veut garder ou pas, et ne pas se laisser dicter son identité uniquement par ses pairs, ou uniquement par ses pères...
C'est là que je verrais le libre arbitre, l'intervention de la liberté individuelle, de ses propres aspirations etc.

Si on rejette trop et sans discernement, on risque de se culpabiliser plus tard, ou d'y voir la cause de ces malheurs... Ceci permettrait un retour de flamme assuré: à trop avoir rejetté, on risque de retomber dedans.
Et, dans ce cadre, il y a des gens plus réfléchis, plus tôt, et d'autres qui agissent plus sur des coups de tête.
J'imagine que les changements des premiers sont plus durables.

Citation :
Passer à l'âge adulte c'est chercher sa propre place dans l'ordre naturel et donc de tenter de dépasser le conditionnement social...

Là, j'avoue que je suis perplexe... Les pensées qui parlent d'un "ordre naturel" sont souvent les plus promptes à faire du conditionnement social à tire larigot...
Je ne parlerais pas d'ordre naturel, mais plutôt d'ordre culturel...
Si on admet un ordre naturel, en quoi aurions-nous besoin de choisir notre place? Elle est prédéterminée, prédestinée: pas de liberté...
Les sociétés traditionnelles fonctionnent comme cela: plus efficace sur certains critères, mais ne tenant pas compte de l'individualité.
Les sociétés plutôt modernes nous laissent beaucoup de libertés, sûrement trop pour qu'on puisse assumer. Mais est-ce la liberté en elle-même qui est mauvaise ou notre propension à ne rien faire pour éviter de nous y perdre?

A des "rails traditionnelles", je préfère plus de liberté quand bien même elle est plus difficile à assumer.

Mais comment faire aujourd'hui professionnellement par exemple?

Soit, on en retourne à un ordre naturel: personne ne choisit quoi que ce soit, on est placé dans un domaine professionnel qui correspond à nos compétences et voilà. Bienvenue à Gattacca en serait une version moderne et scientiste.
D'où, risque d'incongruence entre identité, image de soi, aspirations personnelles etc.

Soit, comme dans la situation actuelle, les jeunes doivent essayer toujours plus de voies différentes, ne pas trop se laisser influencer par les modes (ex. faire médecin comme papa, avocat, ou profiler, chanter à la starac') (cf. modelage) et trouver celle qui leur convient le mieux possible...
Spoiler:
 

Il faut trouver un juste milieu.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Djihad

avatar

Nombre de messages : 354
Localisation : La montagne qui domine la forêt...
Date d'inscription : 03/02/2007

MessageSujet: Re: Adolescence   Sam 14 Juil - 13:16

Citation :
Je pensais que passer à l'âge adulte n'était plus chercher mais avoir trouvé (de façon plus ou moins stable) cette identité?!
En effet, dans les deux cas, il me semble que l'identité bien que connaissant une période cruciale vers l'adolescence, n'est pas pour autant figée par après!

La connaissance de soi est à mon sens une quête qui ne peut se terminer parfaitement au cours d'une vie humaine terrestre...Cela englobe parfaitement les possibilités de changements tout au long de l'existence...

Citation :
Je crois plutôt que tout ce qu'on nous inculque étant petit: normes, valeurs etc. c'est du conditionnement social!

Effectivement, mais ce conditionnement peut avoir plusieurs sortes de conséquence: il peut aider à nous connaitre nous-même mieux ou il peut nous en éloigner...

Citation :
Si on admet un ordre naturel, en quoi aurions-nous besoin de choisir notre place? Elle est prédéterminée, prédestinée: pas de liberté...

La liberté consiste dans le fait de pouvoir choisir entre se chercher soi-même et ainsi tendre à trouver sa place dans l'ordre naturel ou alors à vouloir s'en éloigner...Personne ne force personne dans ces choix...Pour prendre ton exemple au niveau professionel: l'ordre naturel ne te place pas automatiquement à la place qui est la tienne! C'est à toi en tatonnant de la trouver: tu peux commencer comme maçon par exemple mais tu vas peut être sentir que ca ne te convient pas. Alors tu te tourneras vers l'informatique et là aussi peut être ca ne sera pas optimal. Enfin, si tu as la "chance" de trouver ton bonheur en tant que médecin alors là tu auras réussi à trouver la place qui est la tienne tout au moins du point de vue professionnel...Tu sais quand tu l'as trouvé c'est quand tes compétences, ton ressenti par rapport à ce travail sont en totale adéquation...Je vois les choses comme ca...

Citation :
Là, j'avoue que je suis perplexe... Les pensées qui parlent d'un "ordre naturel" sont souvent les plus promptes à faire du conditionnement social à tire larigot...

Effectivement, certains semblent croire qu'ils sont mieux placés que les autres pour savoir où ceux-ci se situent naturellement...Peut être est-ce là même une méconnaissance de leur propre place dans l'ordre naturel de leur part... Néanmoins dans certaines phases de faiblesse comme l'enfance c'est nécessaire. Cela dit tant qu'il n'y pas contrainte policière exercée, quel que soit le conditionnement social, le choix reste...

Citation :
Les sociétés traditionnelles fonctionnent comme cela: plus efficace sur certains critères, mais ne tenant pas compte de l'individualité.

D'une part ne pas confondre entre société traditionnelle et société autoritaire, bien que les deux aient souvent marché main dans la main. Après quand tu dis, qu'elles ne tenaient pas compte de l'individualité tu t'avances un peu je crois. Mais bon d'abord il faut savoir ce que tu entends par individualité...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Adolescence   

Revenir en haut Aller en bas
 
Adolescence
Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Maschinentanz :: Sektion N :: Politique/Société-
Sauter vers: