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 Le principe d'humanité, J-C Guillebaud

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Shilguia
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Localisation : Le chalet qui domine la montagne qui domine la forêt
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MessageSujet: Le principe d'humanité, J-C Guillebaud   Dim 26 Aoû - 20:18

L'irréductible menacé

"Tout se passe comme si le bel avion des Lumières continuait de voler mais sans pilote pour fixer la route, ni passagers humains pour en débattre... ", écrit Jean-Claude Guillebaud dans Le Principe d'humanité. De l'économie à la génétique en passant par la révolution numérique, tout porte en effet à penser que la conquête historique des Lumières - l'idée de la liberté et l'égalité comme principes inaliénables - est aujourd'hui menacée.

L'an dernier une grande exposition sur l'utopie à la Bibliothèque nationale nous familiarisait avec les notions de contre-utopie et de dystopie. Le temps n'est plus en effet à l'optimisme utopiste : la tâche de l'intellectuel - Alain Finkielkraut le disait déjà dans La Défaite de la pensée, Jean-Claude Guillebaud le redit à nouveau - est plutôt d'être le garde-fou de ses errances. Si l'on doit se garder de tenir le pire pour inéluctable, on peut du moins envisager sa possibilité : à charge alors à la littérature et à la philosophie de prévenir les dangers et, si ceux-ci viennent à se réaliser, d'être la conscience des errements du monde.

Jean-Claude Guillebaud fait ici à la fois oeuvre d'historien, de sociologue et de philosophe. Si Le Principe d'humanité a parfois des allures de catalogue qui ne ferait qu'aborder les questions sans parvenir à leur rendre tout à fait justice, une idée fait cependant son chemin dans ces pages : la dénonciation d'une collusion de la science et de l'idéologie. "Tout discours scientifique est largement contaminé - voire commandé - par l'idéologie dominante de l'époque où il se situe." Jamais la science n'a été moins indépendante. Si elle est victime de l'instrumentation idéologique, elle subit aussi la pression du consumérisme, c'est-à-dire la loi de l'économie de marché.

L'essai est pertinent lorsqu'il critique les préjugés, comme celui qui oppose la religion, systématiquement taxée d'obscurantisme, à la science ; ou lorsqu'il nous rappelle que l'eugénisme est antérieur à l'apparition du nazisme et s'étend dès les années 1920 bien au-delà des limites de l'Allemagne. Néanmoins, les perspectives historiques qu'il propose ne sont pas toujours convaincantes : ainsi de la vision exagérément dualiste qui oppose les Lumières au romantisme allemand. "Le problème des Lumières, ce n'est pas d'avoir existé, mais d'avoir été trahi", écrit Jean-Claude Guillebaud. A cette vision d'un optimisme un peu naïf s'opposent ceux qui considèrent que la dérive idéologique invalide dans son principe même l'idéal révolutionnaire.

Quelle est la réplique à tous ces réductionnismes qui menacent l'humanité de l'homme ? Jean-Claude Guillebaud cite le philosophe américain Richard Rorty qui, à l'instar d'un George Steiner, renonce à l'idée qu'il puisse y avoir "des réponses objectivement vraies ou fausses aux questions que nous nous posons." Mais l'essayiste se méfie de la passivité à laquelle le scepticisme invite. S'opposant au point de vue scientiste, qui veut que la science ait réponse à tous les problèmes, il rappelle, après Heidegger, que la science ne peut ni se penser toute seule, ni prétendre être sa propre justification. Citant Stephen Jay Gould qui renoue ici avec la démarche kantienne, Jean-Claude Guillebaud conclut alors sur la nécessaire recherche d'une complémentarité et d'un équilibre entre la religion et la science, chacune prévenant les excès de l'autre.

Thomas Regnier
(www.parutions.com/pages/1-6-63-1502.html)



J'ai étudié ce livre il y a deux ans, en philo. En fait, je n'ai lu qu'un passage que je devais présenté, et tout le reste avait été présenté par d'autres. (D'ailleurs, faudrait que je le relise.) Mais il m'en reste un très bon souvenir, et je pense qu'il plairait à ceux qui lisent ces lignes.

D'un part, il traite de sujet d'actualité.
Exemple: l'homme réduit à l'animal, à ses organes, à la machine, en voie de disparition, la génétique, un mauvais usage de Darwin, etc.

D'autre part, il est très facile et plutôt rapide à lire. Ce n'est pas un Kant qui s'étant sur des lignes sans point, mais un journaliste qui cite constament des exemples et articles de presse diverses.

Bref. Si vous ne l'avez pas lu et que vous ne savez quoi faire durant vos dernières semaines de vacances, foncez!
Et dites moi ce que vous en pensez!
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